Conférences plénières
Tous les résumés des conférences sont téléchargeables en pdf ici (mis à jour le 5.11.2012).
Mercredi, 21 novembre 2012
Conférence d'inauguration par M. Georges L. Bastin (Université de Montréal, Canada). Titre : Science et politique en traduction : de Humboldt à Napoléon.
Biographie :
Professeur titulaire du département de lingüístique de l'Université de Montréal, directeur du groupe de recherche HISTAL (Histoire de la traduction en Amérique Latine) et rédacteur chef de la revue de traduction Meta : Journal des Traducteurs. Docteur en Sciences de la traduction et de l' interprétation par l'Université Paris III- Sorbonne Nouvelle. Ses axes de recherche sont centrés sur l'Histoire de la traduction en Amérique Latine et la théorie et pédagogie de la traduction. Parmi ses nombreuses publications, on signalera :
« La formation en traduction: pédagogie, docimologie et technologies », [Numéro spécial] TTR (sous presse) (Editor)
« Charting the futur of translation history », Ottawa: University of Ottawa Press. 2006.
« Iniciación a la traducción. Enfoque interpretativo. Teoría y práctica. », (2ª ed.). Caracas : Universidad Central de Venezuela, CDCH/FHE (en collaboration avec Jean Delisle).
Résumé :
La première partie de la conférence rendra compte des principales traductions non-littéraires (droit, histoire, mathématiques, médecine et administration) effectuées au Venezuela au 19e siècle ainsi que sur plusieurs missions scientifiques réalisées par des hommes de science européens, comme Alexandre von Humboldt, pour décrire l’environnement tropical, missions dont les rapports ont fait l’objet de traductions en espagnol.
La deuxième partie portera sur un curieux personnage passé paradoxalement de paysan (llanero) à compagnon d’armes de Simon Bolivar, de héros de l’indépendance à traducteur. C’est de sa retraite à New York en 1865 que Páez traduit les Maximes de guerre de Napoléon sous le titre Máximas de Napoleón sobre el Arte de la Guerra. Il ajoutera à cette traduction des notes relatives à chacune de ces maximes et inspirées de son expérience personnelle pendant la guerre d’indépendance. Une attention particulière sera portée aux paratextes tant de l’œuvre originale que de la traduction et à la description des stratégies de traduction mises en œuvre par le traducteur.
Conférence par Mme. Brigitte Lépinette (Prof. de l’Université de Valencia). Titre : Las traducciones de manuales en la segunda parte del siglo XVIII. Las lógicas.
Biographie :
Professeur Universitaire de Philologie Française de l’Université de Valence (Espagne) et professeur de cette Université depuis 1980.
Membre du Département de Philologie Française et Italienne (Faculté de Philologie, Traduction et Communication), de l’Institut de Langues Modernes Appliquées (IULMA) et du Réseau Thématique « Langue et Science » de l’Université Autonome de Barcelone.
Ancienne Vice-présidente de la Société Internationale d'Histoire du Français Langue Étrangère ou Seconde (SIHFLES) et membre actuel de son Conseil de rédaction.
Membre du Conseil de rédaction de la revue « Quaderns de Filología » (Faculté de Philologie de l’Université de Valence (Espagne), 1993-2004).
Membre du comité scientifique du Bulletin de la Société Espagnole d’Historiographie Linguistique et de la revue Synergies-Espagne.
Ses domaines de recherche sont l’Histoire des Grammaires, l’Histoire de la traduction, la lexicographie et la lexicologie.
Résumé :
Cette étude qui relève du domaine de la traduction philosophique (lato sensu) a pour objet deux versions de la Logique de Dumarsais (Paris 1730) éditées en Espagne. Nous montrons que ces deux Lógicas, œuvres de deux traducteurs différents, qui eurent, chacun, des fins également différentes, comme le prouvent le contexte bibliographique et les métatextes respectifs, manifestent la présence d’une terminologie espagnole divergente pour les termes clé de la théorie de la connaissance que l’auteur français exposa dans les pages initiales de sa Logique. La première de ces traductions, qui attribue à la logique un rôle d’introduction aux sciences, choisit des termes systématiquement calqués sur ceux de Dumarsais tandis que J. M. Alea (1781-1826) argumente l’emploi d’une terminologie spécifique, non concordante avec celle du texte source. Ces infidélités terminologiques (et in fine idéologiques) de J. M. Alea peuvent s’expliquer par le désir de ce traducteur de mettre à jour une théorie de la connaissance qu’il voudra rendre conforme à celle de Condillac.
Conférence par M. Cecilio Garriga Escribano (Prof. de l’Université Autonome de Barcelone). Titre : « La traducción científica en el siglo XIX: el ejemplo de Orfila ».
Biographie :
Professeur titulaire de Philologie Hispanique de l’Université Autonome de Barcelone, membre chercheur du groupe de recherche dans le langage de la science et de la technique (NEOLCYT), coordinateur du Réseau Thématique « Langue et Science », plateforme formée par divers groupes de recherche de différentes universités espagnoles et de l’étranger et s’intéressant à l’étude des sciences et des techniques depuis différents points de vue.
L'un de ses derniers projets est le Dictionnaire historique de la science et de la technique de l’espagnol moderne, en phase avancée d’élaboration.
Résumé :
Mateo Orfila fut l’un des plus
importants scientifiques des premières années du XIXe siècle. Né à Minorque,
après son passage par l’Université de Valence et la Junta de Comercio de
Barcelone, il fit carrière à Paris où il excella comme médecin et chimiste.
Parmi ses œuvres, l’une des plus notables est Élémens de chimie médicale (1818),
considérée par J. R. Bertomeu et García Belmar comme l’un des textes majeurs de
la chimie européenne de la première moitié de XIXe. L’ouvrage fut publié en
espagnol un an plus tard (1819) par le même auteur. L’année suivante parut la
deuxième édition en français avec des innovations importantes et en 1822 cette
deuxième édition fut traduite en espagnol sans aucune mention au traducteur.
Cette étude se propose d’approfondir dans les apports lexicaux du texte d’Orfila
au vocabulaire scientifique de l’espagnol, et d’analyser le processus de
traduction des deux éditions en établissant une comparaison entre la traduction
de l’auteur-même et la seconde traduction anonyme.
Jeudi, 22 novembre 2012
Conférence par M. J.R. Bertomeu Sánchez (Prof. de l’Université de Valencia-CSIC). Titre : « Traducción, controversias y censura: la nueva terminología química en España a principios del siglo XIX ».
Biographie :
Professeur titulaire de l’Université de Valence (Espagne) et chercheur du CSIC (Centre Supérieur de Recherches Scientifiques) à l’Institut López Piñero d’Histoire de la Médecine et de la Science, son domaine de recherche est axé sur l’Histoire de la Chimie avec divers projets tels que « Le projet Orfila », « Les instruments scientifiques » et « La révolution chimique ».
Parmi ses nombreuses publications se trouvent « Les avatars de la traduction scientifique : les manuels de chimie français en castillan (1788-1845) », dans C. De Miguel; C. Hernández; J. Pinilla (eds.), Enfoques de teoría, traducción y didáctica de la lengua francesa. Estudios dedicados a la profesora Brigitte Lépinette. Editorial: PUV 2010.
Résumé :
Dans cette conférence nous analyserons la réception de la nouvelle terminologie chimique en Espagne durant la première moitié du XIXe siècle. Un résumé des caractéristiques les plus importantes de la nouvelle nomenclature chimique de la fin du XVIIIe siècle sera offert afin de mettre en relief les débats soulevés par la traduction en espagnol et sa présence dans les manuels de chimie publiés dans les décades postérieures.
Une image collective des traducteurs ainsi qu’une description générale des publics destinataires des œuvres seront également ébauchées. Pour ce, nos sources principales seront les manuels publiés, les dossiers personnels et les comptes-rendus de la censure réalisés pour obtenir l’autorisation de les publier. Les principales controverses seront indiquées de même que la diversité d’expressions utilisées pour désigner les éléments et les composés chimiques en concurrence durant le premier tiers du XIXe siècle.
Cette étude permettra de mieux connaître les mécanismes de négociation, d’appropriation et de résistance mis en œuvre par les différentes communautés en contact avec la chimie en Espagne, notamment les pharmaciens qui jouèrent un rôle décisif dans les traductions et l’adaptation de la réforme terminologique.
Conférence par M. Francisco Lafarga Maduell (Prof. de l’Université de Barcelone). Titre : « Historia de la traducción e historia de la traducción científica y técnica: encuentros y desencuentros ».
Biographie :
Professeur Universitaire de Philologie Française de l’Université de Barcelone et ancien président de l’APFUE (Association de Professeurs de Français de l’Université Espagnole). Il a traduit de nombreux classiques français (Racine, Marivaux, Voltaire, Diderot, Beaumarchais) et est Officier de l’Ordre des Palmes Académiques (2005). Il a de même obtenu le prix de traduction théâtrale María Lejárraga 2009 décerné par la ADE (Association des Metteurs en scène).
Actuellement il dirige le projet de recherche « Vers une histoire de la traduction en Amérique Latine ». Parmi ses nombreuses publications on signalera son Dictionnaire historique de la traduction en Espagne (2009) et Cinquante études sur les traductions espagnoles (2011).
Résumé :
Ces dernières années, l’intérêt pour l’histoire de la traduction a augmenté considérablement et, en conséquence, le nombre d’études qui y sont consacrés dans les différents domaines nationaux, soit de type général comprenant la totalité de la dite histoire, soit visant une époque déterminée. Néanmoins, la majorité de telles approches historiques, pour des raisons parfois non avouées, ont privilégié un type de traduction sur les autres, favorisant ainsi la présence, dans certains cas supérieure, de la traduction littéraire (ou de textes littéraires) sur la traduction d’autre types de textes, d’ordre humanistique, idéologique, scientifique, technique ou juridique. Ce travail tente de mettre en évidence de telles réalités à partir de l’examen d’œuvres à caractère historique dans de différents contextes linguistiques, en s’interrogeant sur les causes de cette réalité et les solutions possibles.
Vendredi, 23 novembre 2012
Conférence par Mme. María Jesús Mancho (Prof. de l’Université de Salamanque). Titre : « Traducciones de textos científico-técnicos del Renacimiento: algunos rasgos característicos ».
Biographie :
Professeur Universitaire de Langue Espagnole dans le Département de Langue Espagnole (Faculté de Philologie) de l’Université de Salamanque et Directrice du Centre de Recherches Linguistiques (CILUS) de la même Université.
Directrice du Dictionnaire de la Science et de la Technique de la Renaissance (DICTER) http://dicter.eusal.es.
Auteur de nombreuses publications, on soulignera ici sa facette d’éditeur de traductions de textes scientifiques de la Renaissance :
Mª
Jesús Mancho (ed.), Juan de Jarava, Historia de las yervas y plantas,
Salamanca, Ed. Universidad, 2005. 388 pp.
Mª
Jesús Mancho (ed.), Francisco Sánchez de las Brozas (trad.), Declaración y
uso del relox español de Hugo Helt Frisio (Salamanca, 1549), Salamanca,
Diputación de Salamanca, 2006. 221 pp.
Résumé :
Dans cette conférence nous exposerons certains
facteurs qui portent sur la tâche traductrice spécialisée durant le XVIe siècle
et le premier tiers du XVIIe. Tout d’abord, nous considérerons l’humanisme en
tant que contexte culturel des traductions scientifiques de la Renaissance. Nous
offrirons également une vue d’ensemble sur les institutions et le milieu
culturel de cette période, en soulignant notamment les manifestations de la
censure inquisitoriale. Nous détaillerons les mécanismes du processus traducteur
-traductions verticales, horizontales et auto-traductions-, ainsi que les
différents types saillants dans cette époque.
Nous relèverons certaines caractéristiques du courant traducteur en Espagne, en
mettant en relief certains aspects de la manière de traduire humaniste dans les
domaines scientifique et technique, pour aboutir à la traduction comme un acte
créatif. Enfin, nous fixerons notre attention sur l’un des problèmes majeurs
auquel étaient confrontés les traducteurs : le lexique technique. Nous analysons
leur attitude envers les emprunts et néologismes et la création de glossaires
spécialisés et nous tentons d’en extraire des conclusions d’ordre général.
[Ce travail fait partie du projet Recherche+Développement “El diccionario de la Ciencia y de la Técnica del Renacimiento (DICTER): fases finales” (Ref.: FFI2010-16324/FILO), financé par la Direction Générale de Recherche du Ministère de Science et Innovation espagnol]
Conférence par M. Manuel Bruña Cuevas (Prof. de l’Université de Séville). Titre : « La traducción según los prólogos de los diccionarios francés-español (siglos XVI-XIX) ».
Biographie :
Professeur Universitaire de Philologie Française de l’Université de Séville, Président de l’Association de Professeurs de Français de l’Université Espagnole (APFUE). Ses lignes de recherche sont l’Histoire de l’enseignement du français en Espagne et l’Histoire de la lexicographie franco-espagnole.
Parmi ses œuvres on retiendra deux de ses études les plus récentes :
« Études
récentes sur la lexicographie diachronique franco-espagnole ». Contrastes
Linguistiques et Communication (Synergies Espagne, nº 3), ed. par Brigitte
Lépinette et Sophie Aubin, 2010, pp.
129-145.
«Dos maestros de
francés en el Madrid de finales del siglo XVII: Pierre-Paul Billet y
Jean-Pierre Jaron». Enseigner
les langues modernes en Europe, XVe-XVIIe siècles(Recherches,
nº 5), ed. par Marie-Hélène
Maux-Piovano. Estrasburgo: Université
de Strasbourg, 2010, pp. 219-260.
Résumé :
Elaborer un dictionnaire bilingue implique toujours pour son auteur un exercice de traduction, non d’un texte, mais de mots, de locutions et très souvent de phrases. Mais, outre ce fait, pour ses destinataires le dictionnaire bilingue est un outil qui sert de pont entre une langue et une autre. Cependant cette médiation peut être de plusieurs types. Ainsi, l’une des fonctions du dictionnaire bilingue consiste simplement à aider à la compréhension d’un texte écrit en langue non maternelle ; il peut également devenir une ressource didactique nécessaire pour pourvoir à l’apprenant d’une langue étrangère le vocabulaire nécessaire pour s’exprimer en cette langue oralement ou par écrit ; et un soutien pour les traducteurs également. Quelle a été la fonction privilégiée par les auteurs ou éditeurs de dictionnaires bilingues français-espagnol tout au long de l’histoire ? À travers les textes préliminaires, nous examinerons, notamment, les cas où ses œuvres se présentèrent comme des instruments destinés à aider les traducteurs.